Ingmar Bergman, un de plus connu metteur en scène suédois et l'auteur d Winter Light, à travers nous demande directement, dans une lumière sincère et d'autant plus cruelle qui sommes nous, qu'est que c'est l'être humain et surtout qu'est que c'est Dieu. Existe-t-il vraiment? Est-ce qu'on peut vraiment croire sans son existence? Et s'il existe, est-il bon ou méchant?

En tant qu'images, le film détient une beauté dure, austère, indiquant une atmosphère glaciale, typique pour un hiver suédois, en nuances tranchantes de noir et blanc.

Winter Light est une carte postale d'un hiver suédois dans une petite ville sans importance mais aussi une métaphore de l'état d’esprit du prêtre Tomas (Gunnar Bjornstrand). Comme dans le romantisme, la nature ressemble à l'âme des personnages, le film du Bergman parlant de sujets qui appartiennent normalement au romantisme: la mort, la solitude et la révolte.

Winter Light surprend la crise existentielle du prêtre Tomas, qui oscille dans sa foi en Dieu. Vivant une vie aride, avec le cœur glacé et incapable d'amour, Tomas réfléchit sur sa vie et il devient de plus en plus tourmenté face au silence et l'absence de Dieu.  Est-ce que la prière peut être efficace? Ou est Dieu? Peut-Il entendre nos prières? Pourquoi reste-t-Il caché? Pourquoi il n'est jamais là ou on le cherche? Et toutes se questions qui coulent vers une seule direction: existe-t-il, Dieu?

Les questions du prêtre Tomas, la souffrance de la professeure Marta sont honnêtes, humaines, personnelles, sont la lutte de chacun d'entre nous contre le mûr obscur qui nous renferme et d'on veut escalader, démolir et apprendre finalement si notre existence a vraiment un sens et à quoi ça correspond ce Sens-là...

Marta: Dieu, pourquoi tu m'as créée pour être tout le temps mécontente? Tellement effrayée et tellement triste? Pourquoi dois-je me rendre compte que je suis tellement pitoyable? Pourquoi souffrir tellement pour ma manque du sens? Si mon souffrance a un sens, alors dis-le-moi, pour que je puisse porter ma douleur avec dignité sans me plaindre. Je suis forte. Tu m'as donné un corps et une âme forte, mais tu as oublié de me donner une mission digne de ma force. Donne un sens à ma vie et je vais être ta soumise esclave!

Quand le pêcheur Ionas, accablés par des pensées suicidaires devant sa propre découverte de l'inexistence ou l’indifférence de Dieu devant le monde, vient au prêtre Tomas pour être conseillé, Celui-ci ne sait pas comment l'encourager. Les questions de Ionas sont ces questions à lui aussi. Tomas ne réussit pas rendre tranquille Ionas, car cette paix, cette sérénité il la cherche aussi pour lui même, mais en vain.

Au milieu de cette tempête de neige intérieure comme extérieure, au milieu de cette bataille entre Dieu et la manque e la foi en Dieu, le prêtre Tomas devient un être mort, une ombre, qui n'a plus rien à offrir à ces semblables, ni confort, ni aide, ni amour, ni foi. Au contraire, lorsque Marta, qui accepte sa manque de foi, son athéisme, qui accepte la manque de Dieu et une vie sans divinité, elle est très vivante, charnelle, souffrante, réelle, vive. 

winter

Bien que le film Winter Light n'offre pas de solutions ou conclusions pour les questions visant le sens de la vie et l'existence du Dieu, il y a dans le film une scène qui parait suggérer qu'un possible voie pour faire paix avec soi-même est de se débarrasser  du monde chrétien et de la condition chrétienne de l'homme, comme être fait semblable à Dieu, par un Père Divin aimant mais qui quitte après ses enfants dans une solitude accablante. Même si l'inexistence du Dieu peut signifier aussi l'inexistence d'un Sens de la Vie, au moins on sait pourquoi le Ciel se tait: parce qu'il y a personne là-bas pour nous répondre. Il s'agit de la scène pendant laquelle, prêtre Tomas, seul dans l'église, arrive à penser que la vie est tolérable et peut être mieux vécue et comprise sans l'existence du Dieu, et la lumière qui passe à travers la fenêtre devient plus forte, plus éblouissante.

Algot: ”Quand Jésus était sur la croix et il était pendu là, il a crié: „ Dieu, mon Dieu! Pourquoi tu M'as abandonné?” Il a crié si fort qu'il a pu. Il a pensé que le père céleste l'a abandonné.Il a pensé que tout ce qu'il a prêché était un mensonge. Avant mourir, Jésus a commencé a douter. Certainement, cela doit être sa plus grande souffrance. Le silence du Dieu.

 

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