Dans les forêts de Pacific Northwest, il y a un couple avec 6 enfants, qu'ils souhaitent élever dans l'esprit d'une éducation intellectuelle et physique rigoureuse. Mais la maladie et la mort de la mère va détruire ce paradis construit loin de toute civilisation: le père est forcé de quitter la forêt et d'entrer dans le monde avec ses 6 enfants. Ce voyage va être un défi beaucoup plus difficile qu'il peut imaginer.

Ainsi Captain Fantastic lance un défi: qu'est-ce qu'être parent? Jusqu'au va le droit du parent à imposer sa vision sur le monde à ses enfants?

Captain Fantastic

Captain Fantastic, écrit et mis en scène par Matt Ross est l'histoire émouvante d'une famille qui veut regainer son humanité au milieu du monde sauvage et naturel. Ils ont crée un petit mondé autosuffisant. Ils mangent les légumes de leur propre jardin. Ils chassent pour la viande. Ils ont crée leur propre système scolaire. Ils ont de devoirs et de débats à préparer. Ils n'achètent quelque chose que s'ils ont vraiment besoin. Il n'a pas de traces de consumérisme. Les conflits s'achèvent par l'argumentation de sa position. Ils s'entrainent pour être en forme. Mens sana in corpore sana.  Ils sont un petit paradis fermé. C'est comme la famille Crusoe.

Mais c'est une utopie. Et comme tout utopie, la réalité va la démolir. C'est un paradis gâché par le désir naturel de liberté, de désir de connaissance, de curiosité. Les scènes dans lesquelles Bo (George McKay) explore sa sexualité, a les premiers contacts avec les filles vivant dans la société et découvre le monde à sa façon, lui qui jusqu'à présent n'est jamais sorti de la forêt ont un doux charme. Mais bien que charmantes et avec de l'humour, ces scènes là sont cruelles aussi: on voit comment le jeune homme, bien que bien cultivé, très intelligent, connait rien sur la vie, sur le monde, étant élevé dans une boule de cristal, loin de tout ce qui fait mal dans la vie, mais de choses qui donne aussi un sens, qui donne envie de vivre.

Ben (Viggo Mortensen), le père élève ses enfants comme un leader fort. Il y a plein de scènes ou on a l'impression qu'on a à faire avec des cadets militaires et pas avec des enfants. Il veut ses enfants libres, avec un fort esprit critique, mais paradoxalement les 5 enfants ne font qu'apprendre sa vision du monde. Ils n'ont jamais le droit de choisir, car on le leur donne pas deux options.

captain fantastic

La question qu'on se pose au début est s'il ne pas mieux de vivre comme eux. Mais au fur et à mesure que le film avance, on se demande de plus en plus si ben est vraiment un père fantastique ou un homme égoïste. Est-ce qu'il faut suivre sa voie ou plutôt le juger? Devrait-on améner sa famille dans les forêts?

Confronté à la société consumériste, on peut bien voir que les enfants de Ben sont plus intellligents et cultivés que ceux qui vont à l'école, qu'ils sont beaucoup plus sains, qu'ils sont bien en forme physique et plein d'énergie, car ils sont plus proches de la nature, de nos sources.

La scène dans la banque est assez claire: tous les clients ils ont les corps déformés par un régime alimentaire défectueux (qui est le nôtre et qu'on oublie souvent de questionner) tandis qu'eux ils sont bien en forme et en bonne santé.

Ce road-movie avec des accents humoristiques n'arrête pas de nous questionner sur notre style de vie. Matt Ross, le metteur  en scène et Viggo Mortensen font un bon travail en maintenir les deux possibles réponses valable: Ben est le pire père du monde ou bien le meilleur.  A vous de décider!

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