Avec Sully, le nouveau film de Clint Eastwood, écrit par Tod Komarnicki selon le livre "Highest Duty" par Chesley Sullenberger avec Tom Hanks dans la distribution, on ne peut pas vraiment parler de spoilers quand l'histoire sait déjà le final heureux de cet accident d'avion du 15 janvier 2009.

Ce que j'ai vu le plus dans le film est la manière dont il surprend le silence, la peur, le doute, l'étonnement dans la tête du capitaine Sully, en contraste avec tout le brouhaha qui sur survient après l'amerrissage forcé sur le fleuve Hudson.

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Il y a d'un côte tout le monde glamour, la fabrication du héros par les médias qui sondent et qui parlent sans interruption, qui inondent la vie privée de Sully et qui lui vole sa vraie identité: un commandant qui pilote l'avion, un père de famille qui fait son boulot depuis 40 ans sans recevoir aucun remerciement spécial.

De l'autre côte, il y a les enquêteurs qui commencent de façon agressive leur enquête, sans tenir compte de l'état psychique de l'homme qu'ils ont devant (au moins c'est comme cela que le film les présente). Le film débute avec un moment plein de tension et on voit clairement que la commission tend à être contre sa décision d'amerrir sur le fleuve et on sent bien, même en tant que spectateur le poids des accusations.

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Clint Eastwood nous introduit aussi dans le monde familial de Sully; on connaît ainsi la femme du commandant Sullenberger à travers les conversations qu'elle a avec son mari. On remarque ici qu'il y a une certaine évolution dans la relation de son épouse face à cet événement.            Au début elle ne réalise pas qu'est ce qu'il se passe, continue de s'engager dans de conversations concernant l'argent, les problèmes quotidiens et elle a même un moment quand elle aussi le questionne d'avoir choisi la méthode la plus dangereuse: celle d'aller vers Hudson au lieu d'aller vers l'aéroport.                                                                                                             C'est seulement vers la fin, qu'elle se rend compte qu'en fait son mari était aussi un passager au bord de l'avion, et qu'il n'est ni le héros de la télévision, ni le criminel dans lequel veut le transformer la commission d'investigation, il est tout simplement son mari, et il a été sur le point de perdre sa vie.    

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Mais Clint Eastwood réussit quelque chose magnifique: de faire le spectateur voir la solitude du personnage, et le rôle de Tom Hanks est parfait en ce sens. On voit tout dans ses yeux. On sent tout dans le ton de sa voix. Et surtout, regardez les mains du personnage.
Elles parlent de la solitude, de l'inquiétude. On voit Sully tout seul, sentant que sa vie ne lui appartient plus, essayant de répondre honnêtement à soi-même s'il a pris la bonne décision ou pas. Il se pose la demande et il sait qu'il a fait tout ce qu'il a pu. Qu'il a fait ce qu'il fallait faire. Qu'il a fait son boulot, comme il le répète dans le film.                                                                          
Mais après il y a tous ces gens autour de lui, prêt à le juger, qui analysent toutes ses décisions, toutes ses hésitations.Et il commence à se sentir perdu. Mais son raisonnement et son humanité vont gagner. Quand il fait paix avec soi-même, il commence à lutter.

Les scènes de cauchemar avec l'avion qui s'écroule dans les gratte-ciels du New York qui hantent Sully sont un excellent moyen à travers lequel le réalisateur Clint Eastwood nous met dans la tête du personnage, nous fais voir sa peur, son humanité. Il crée une tension tout au long du film qui te coupe le souffle, qui te tient présent là, au coeur du film.

le vrai sullenberger

Une astuce pour vous: restez dans la salle de cinéma jusqu'à la fin du film et du générique. Il y a de moments touchants avec les vrais personnages de l'événement du 15 janvier 2009.

Alors préparez-vous et accrochez-vous pour l'impact émotionnel/ Brace for (emotional) impact! C'est un de meilleurs films de l'année!

sully

 

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